Rapport de Campagne

La « course à la Présidence de la République Française ». Ça a de la gueule. Je ne chercherais pas ici à créer un débat politique, mais à débriefer des stratégies de campagne mises en œuvre par les candidats, et à anticiper la suite des évènements en matière de guerre d’influence et de querelle d’égo au sein des partis.

Avant c’était un panier de crabe. Aujourd’hui c’est vraiment n’imp’. Tour d’horizon parti par parti.

Parti Socialiste

Ça bouge un peu, ça se recadre, ça se contacte, on cherche à attribuer tous les nouveaux postes disponibles. Très peu de communication du parti, et tant mieux car il n’en est pas question en ce moment. Au PS on espère que le « ticket présidentiel » ne sera pas périmé et que, comme d’habitude depuis l’instauration du quinquennat, le président entrant aura la majorité à l’Assemblée. Une campagne législative très discrète sur les réseaux sociaux, avec des affiches IRL partageant souvent le même modèle, en bref on cherche à donner l’image d’un parti actif soudé autour du Président. Et qu’on attend déjà au tournant

Union pour un Mouvement Populaire

Pour le coup, à l’UMP, ça bouge. Hier c’était simple : il y avait des dissidents, mais aucun n’a osé s’opposer ouvertement et durablement à Nicolas Sarkozy. Celui-ci parvenait à sa manière à fédérer autour de lui. Mais maintenant qu’il s’est retiré (temporairement ou définitivement) de la vie politique, l’UMP cherche un nouveau berger. Et là ça se divise.

Jean-François Copé se voit déjà président en 2017, il représente la mouvance élitiste/parisienne du parti et il a une vision guerrière du débat démocratique comme le laisse entendre son champ lexical. Lui qui rêve d’être calife à la place du calife depuis pas mal d’années maintenant se retrouve confronté dans son propre camp à deux principaux bonshommes. François Fillon, d’abord, davantage social-démocrate que corporatiste-conservateur, peut se targuer d’une expérience en matière de politique. Enfance de bad-boy, moins grande gueule, gay-friendly , on lui prête moins de casseroles… Il devrait pouvoir s’imposer face à Jean-François Copé s’il choisit la présidence de l’UMP mais pense également à la Mairie de Paris.

Le troisième gaillard à vouloir une part royale du gâteau laissé par Sarkozy n’est autre que Guillaume Peltier, un ancien de Philippe de Villiers, qui pense pouvoir surfer sur la vague « extrême-droite » pour créer un nouveau parti. Officiellement, « La France Populaire » n’est pas un nouveau parti mais un groupe au sein de l’UMP. C’est pratique pour Peltier et ça permet à l’UMP de faire croire qu’il est encore fédéré. Au-delà de la propagande, il s’agit bien d’une division supplémentaire. En gros, Peltier c’est la frange islamophobe de l’UMP, son arme c’est la manip par la peur, ce qui lui a valu une belle sortie d’Abd Al Malik en 2007

Front National vs Front de Gauche

Peu de politiciens m’ont davantage énervé que Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon pendant cette campagne. Ils parlent bien, c’est certain. Ils posent parfois des questions moins bêtes que les autres, c’est vrai. Mais c’est pour apporter leurs propres réponses sans prendre en compte celles des autres. Je pense toutefois que leurs motivations sont différentes.

Marine Le Pen est guidée par la peur, l’idéologie fasciste dans lequel elle a baigné tout au long de sa vie est fondée sur ce pouvoir. La Peur et la Force. Comment envisager après cela qu’elle puisse avoir une vision consensuelle du débat démocratique ? Pour elle comme pour beaucoup d’autres c’est un champ de bataille. Mais la différence réside en l’ennemi : son père se battait contre les étrangers, et si au passage il pouvait casser du coco il n’allait pas se gêner. MLP se bat contre le Front de Gauche, et si au passage ses ouailles veulent casser de l’étranger elle n’a pas le pouvoir de les en empêcher.

Jean-Luc Mélenchon est guidé par son ambition personnelle. Il a quitté le PS où il ne pouvait plus s’imposer pour monter son propre parti. Puis il a réutilisé et modernisé toutes les manœuvres de propagande qu’il avait contribué à construire au PS. Il l’admet lui-même. Et il a fédéré autour d’un ennemi commun. Il a fédéré en usant de la peur de la guerre, de la peur du FN et de la haine des riches et des banques, son Sheitan à lui. Il a instrumentalisé des idées comme la VIème République, fermant le débat dans le discours public. « Ah tu veux une nouvelle constitution, donc tu votes Mélenchon ? » TT

Conclusion

Comme je vous le disais. Du grand n’importe quoi. En attendant que ça évolue, continuons de prendre les querelles partisanes pour ce qu’elles sont réellement : un simple spectacle audiovisuel.

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Une réflexion sur “Rapport de Campagne

  1. tat dit :

    Ce que j’ai compris, ou cru comprendre, en matière économique. En fait c’est pas aussi compliqué que ça en a l’air quand on simplifie.

    La France, comme beaucoup de pays occidentaux, est un pays de services: une grande majorité de Français rend des services à une grande majorité de Français (coiffeurs, commerçants, et pleins d’autres métiers). Ils en rendent aussi à l’étranger, mais dans une moindre mesure.

    Quant aux biens, les Français (comme les citoyens de beaucoup de pays occidentaux) les achètent en les faisant importer de pays moins développés, qui se développent par conséquent.

    De l’argent sort donc un peu de nos frontières, et se retrouve dans le trésor, disons, de la Chine (entre autres, mais elle servira d’exemple ici).

    Pour compenser cette sortie d’argent, la France (comme beaucoup de pays occidentaux), emprunte de l’argent à l’étranger, via les marchés financiers.

    Imaginons qu’elle emprunte à un taux de 2%, et qu’elle dit qu’elle rembourse en 50 ans. Si tout va très bien, et que la croissance est supérieure à 2%, alors dans 50 ans, la France sera plus « riche » de plus de (1,02 puissance 50 = 1,02*1,02*1,02*…), et la dette qu’elle aura eu à rembourser sera donc moins grande (par rapport à la richesse de la France), que ce qu’elle était au départ: on rembourse moins que ce qu’on a emprunté, même avec intérêts.

    Sauf que ça fait un bail que la croissance c’est plus 2%! Et la France s’appauvrit d’années en années, doucement mais sûrement.
    Et moins elle sera riche, moins on lui fera « confiance », plus elle empruntera à un taux élevé, forcément inférieur à sa croissance.

    Les solutions ou au moins des pistes:

    -c’est soit de booster les exportations. Ca peut se faire en réduisant les salaires, par exemple, pour réduire les coûts de production, et faire en sorte qu’à l’étranger on choisisse plus nos produits que les leurs. Mais d’une manière générale que ces mesures d’associent à un appauvrissement des gens en général, en moyenne.

    -soit de réduire notre train de vie (réduire les exportations, donc on change moins souvent de voiture, on consomme moins d’essence, on va moins en vacances, etc…)

    -soit de s’endetter auprès de nous-même un bon coup et booster notre croissance (avec imaginons, un coté miracle, on parie sur l’intelligence des européens et leur vivacité d’esprit pour concevoir un outil du genre internet, qui va machinalement créer des emplois, des richesses qui n’auraient jamais existé sans. On peut parier sur les énergies renouvelables par exemple, ou la fusion froide, ou la téléportation, ou une forme plus optimisé que le cercle pour faire des roues qui nous roulent encore plus vite… Bref, jouer sur la recherche)

    Mais c’est à double tranchant:
    s’endetter auprès de soit-même, en gros ça revient plus ou moins à imprimer des billets, en promettant qu’on les remettra dans la caisse dans 50 ans.
    Mais les allemands ne veulent pas de cette solution, car ils pensent qu’en gros on les remettra pas vraiment dedans, qu’ils finiront par se diluer, et ça créera de l’inflation.
    L’inflation, c’est l’augmentation presque naturelle des prix quand on augment la quantité de monnaie qui circule. Par exemple, et on peut le voir dans de nombreux films, aux Etats-Unis, on pouvait avoir un petit déjeuner bacon+oeufs brouillés+café etc pour 10 cts au début du siècle, mais maintenant non. Parce que les Américains ont passé le 20e siècle à imprimer des dollars.

    -Soit de se renfermer sur nous-même, ou au niveau européen, mettre des taxes élevées sur les produits aux frontières, pour forcer les gens à acheter Français.

    Ca, idéologiquement c’est un peu la porte ouverte à la fermeture des frontières pour les personnes aussi pour que le travail revienne aux français avant ceux qui viendraient d’ailleurs

    Mais il ne faut pas forcément voir ça comme une fermeture sur le monde, si on s’en tient à une taxe douanière. Quand la France a, par exemple, une super-autoroute à faire construire pour 5 Milliards, elle le propose aux entreprises Chinoises aussi, alors que le Chine ferme son marché et fait construire par des entreprises sur place.

    -Soit un truc que j’ai peut être oublié,

    -Soit d’autres idées auxquelles personne n’aurait pensé mais qui, peut être restent à découvrir.
    Ca c’est le boulot des économistes, mais juste un conseil partez en mode science-fiction et trouvez nous un modèle sympa ou on arrive à partager les innombrables richesses que produit le monde entier, parce que sur le papier y a de quoi donner, à chacun (même au niveau mondial! ça ce serait le nirvana!) le minimum.

    (Si il y en a qui ont lu jusqu’ici gg).

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